Je souhaite revenir sur les trois années que j’ai passées ...
Je souhaite revenir sur les trois années que j’ai passées dans ce lycée d’Avesnières et à son internat. Cela fait maintenant plusieurs années, mais lorsqu’on a évolué dans un établissement au climat toxique et qui, d’après un avis publié l’an dernier, semble l’être toujours, il est important de témoigner.
Je ne citerai aucun nom, mais certaines surveillantes de l’internat ont été particulièrement problématiques. Le traitement des élèves n’était pas équitable. Pour moi et certaines autres personnes, un simple rire ou un regard mal interprété suffisait pour être réprimandé. Il m’est même arrivé de me faire ordonner de « baisser les yeux », sous peine d’heures de colle.
Chaque matin, 6h45, à l’internat, cette surveillante entrait dans notre chambre sans frapper et allumait la lumière alors que nous étions en train de nous habiller avant de descendre au self. Elle laissait la porte ouverte, nous observait parfois. Il est même arrivé qu’elle fouille dans mon armoire, ce qui a profondément renforcé mon sentiment d’intrusion et d’insécurité.
Mais aussi, étant en section arts appliqués, une filière exigeante, je devais parfois travailler pendant quatre heures le mercredi après-midi sur des devoirs à fort coefficient. J’avais donc besoin de réviser plusieurs jours à l’avance. Pourtant, lors de certaines soirées dites « festives » comme Pâques, qui parfois tombaient juste avant notre devoir, les surveillantes nous interdisaient d’étudier et nous étions contraintes de nous réunir dans la chapelle pour dessiner et colorier des œufs toute la soirée. Une activité imposée qui n’avait aucun sens pour nous, mais ça, elles en avaient rien à faire.
Je redoutais particulièrement de croiser l’une de ces surveillantes (cheveux très longs, noirs, lunettes). Cette angoisse constante a marqué mes années d’internat. Malgré mes quelques plaintes auprès de la directrice, aucune mesure n’a été prise.
Le corps enseignant lui non plus ne faisait pas preuve de bienveillance. Les élèves en difficulté étaient souvent rabaissés. J’ai également ressenti une forte compétition au sein de la section. Une de mes professeures principales s’est un jour moquée de mon travail et me répétait régulièrement que je n’intégrerais jamais l’école supérieure que je visais. J’y suis pourtant entrée, et j’en suis aujourd’hui diplômée.
En résumé, j’ai connu un lycée strict, pesant, où les élèves ne sont pas écoutés. Loin d’être un environnement propice à l’épanouissement, surtout à une période de la vie où l’adolescence est déjà une étape compliquée à traverser.